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1 jour, 1 portrait : Chloé Bernard, co-fondatrice de la marque MINA STORM



Notre entrepreneuse du jour est Chloé Bernard. Avec Samantha Montalban, elle a créé en 2016 Mina Storm Girls, une marque de lingerie engagée, responsable et body positive qui propose des sous-vêtements ultra confortables en coton bio ainsi que des ensembles menstruels. Forte de son parcours en finance à l'Université Paris-Dauphine, Chloé décide de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale avec Samantha en l'aidant à ficeler son business plan, alors qu’elle étudie encore à l’ESSEC.

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec elle.


- English version below




Pourrais- tu pitcher Mina Storm en une minute :

Avec l’envie de libérer les femmes des contraintes et du regard social, nous avons créé Mina Storm, une marque de sous-vêtements confortables et écoresponsables, qui les aide à être authentiques et à aimer leur corps au naturel.


Comment t’est venue l’idée de créer Mina Storm ? A quel besoin répondait ta start-up ?


Nous sommes deux à l'origine de Mina Storm. Samantha mon associée en a eu l’idée à 18 ans : elle ne pouvait pas porter de soutien-gorge car ils lui faisaient tous mal au dos. Elle ne trouvait pas de sous-vêtement confortable et joli et n'en portait donc pas. Mais il y a des situations dans lesquelles on est amenées à porter des soutiens-gorges, c’est pourquoi on a voulu proposer des alternatives au fait de ne rien porter. Pour ma part, je faisais un bonnet D, et il m’était impossible de trouver des soutien-gorges sans armatures. C'est ce qui nous a amenées à développer des brassières en coton bio. C’est donc d’une difficulté personnelle qu’est née notre start-up.


Quel message souhaites-tu faire passer avec ta marque ?


On se fixe souvent énormément de barrières et de contraintes qui nous empêchent de réaliser nos rêves et de nous épanouir.

En créant Mina Storm, nous voulions déconstruire ces barrières et montrer à toutes que l'on a déjà beaucoup en nous et qu'on a toutes les cartes en main pour se réaliser. C'est donc un message de liberté et de confiance que l'on souhaite faire passer avec Mina Storm.


Comme nous, tu as fait l’ESSEC, quel a été l’apport de l’école pour mener à bien ton projet ?


J’ai fait Dauphine en finance avant de rejoindre l’ESSEC. J’ai découvert le monde des start-up pendant mes stages en finance, ce qui m’a donné envie de rejoindre ce milieu. Il me fallait donc des cours en supply chain, marketing, gestion de projet, logistique pour pouvoir évoluer dans le domaine des start-ups, ce qui a été possible grâce aux cours à la carte proposés par l’ESSEC.

J’ai monté Mina Storm en parallèle de mes études à l’ESSEC. J’ai aidé Samantha en lui apportant mes compétences financières, notamment pour calculer ses coûts de revient et créer son business plan. On a décidé de s’associer car nous étions très complémentaires. Je choisissais mes cours à l’ESSEC en fonction des problématiques que nous rencontrions à Mina Storm : supply chain pour optimiser nos réassorts, gestion des coûts, capital investment pour la levée de fonds, droit, …

Le réseau de l’ESSEC a aussi été indispensable. Il y a beaucoup de gens aux parcours très différents à l’ESSEC, chacun a son expertise dans son domaine. Par exemple, j’avais des problématiques légales, et des personnes qui avaient un parcours antérieur en droit m’ont aidée pour relire les statuts de l’entreprise.

Enfin, nous avons été incubées à ESSEC Ventures, qui a beaucoup apporté à Mina Storm, que ce soit d’un point de vue matériel (bureaux à disposition, impressions) et financier, puisqu’ils nous ont financées. ESSEC Ventures nous a aussi mises en relation avec des experts et d’autres entrepreneurs qui nous ont aidées à solutionner certains problèmes.


Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées, au début de ton aventure entrepreneuriale ? En particulier, as-tu fait face à des commentaires sexistes?


Être entrepreneuse par définition, c’est faire face à des difficultés ! Tous les jours il y a des problèmes et des difficultés à résoudre. Les premières difficultés ont concerné les partenaires, il était très difficile de trouver les bons fournisseurs de matières premières.

Et pour ce qui concerne les remarques sexistes, nous n’en avons jamais eu aucune, heureusement, bien que nous évoluions dans un secteur purement féminin.


Tu évoquais les matières premières, était-ce une évidence de choisir des matières premières biologiques ?


Samantha savait dès l’origine qu’elle voulait du coton bio pour les sous-vêtements de Mina Storm. C'était une grande problématique car le coton trouvé initialement provenait d'un fournisseur italien qui nous imposait des minimums de production extrêmement élevés.

Nous ne pouvions pas proposer de petites collections colorées de notre fameuse brassière Mina. Or, afin de ne pas surproduire, nous souhaitions dès le début de Mina Storm pouvoir proposer des petites collections en éditions limitées.

Il nous a alors fallu trouver un autre fournisseur de coton bio qui répondait à tous nos critères très spécifiques : légèrement épais, stretch dans les deux sens, bonne élasticité... Nous avons fini par trouver un fournisseur au Portugal dont les minimums étaient beaucoup moins élevés et nous permettaient ainsi de produire pleins de petites collections colorées sans risque de surproduire !


Comment tu gères le fait d’avoir peu de stocks ?


C’est une très bonne question, nous travaillons encore actuellement sur cette problématique. La question des stocks est une question primordiale puisqu’elle impacte la trésorerie. Nous avons deux types de collection : les intemporels et les éditions limitées. On produisait au doigt mouillé au début, sans savoir exactement quels modèles allaient bien marcher et donc en quelle quantité produire. C’est pourquoi on a développé la gamme des intemporels avec des coloris indémodables comme du noir et des nudes qu’on peut réassortir. Ça nous permet d’avoir un stock linéaire et de réassortir en fonction des ventes. Pour les éditions limitées, nous fonctionnons encore au doigt mouillé en s’appuyant sur les modèles qui ont bien marché dans les saisons précédentes, mais il peut arriver que l’on se trompe et que l’on ait surstocké, soit parce que le modèle plaît moins, soit parce que l’activité est inégale sur l’année.


Vos ateliers de production sont situés en Tunisie et au Maroc, pourquoi ce choix ?


Une chose est sûre, nous ne voulions surtout pas produire en Asie. Nous avions cherché des ateliers en France, malheureusement il en reste très peu ayant ce savoir-faire et ils sont extrêmement chers. Ils ne nous auraient pas permis de proposer nos gammes de sous-vêtements à prix abordables.

Nous avons énormément cherché avant de pouvoir trouver notre premier partenaire de production. C'est une vraie problématique quand on souhaite se lancer dans la lingerie car il n'y a pas de site internet qui s'amuse à répertorier tous les ateliers ! Et les marques ne divulguent pas le nom de leur partenaire.

Nous avons été confrontées à une deuxième problématique : Samantha et moi étions extrêmement jeunes quand nous nous sommes lancées et les fournisseurs ne nous prenaient absolument pas au sérieux ! Nous avons eu énormément de chance car nous avons été mises en relation par un ami de l'Essec avec le gérant de l'un des ateliers les plus renommés dans la lingerie. Il produit pour Princesse Tam Tam, Eres... C'est ainsi que nous avons commencé à produire nos collections au Maroc et c'est toujours notre atelier principal.

Après avoir passé un certain temps dans le secteur de la lingerie, on connaît les principaux ateliers et la Tunisie et le Maroc sont deux pays ayant un grand savoir-faire en lingerie. Et quand nous avons développé nos premières gammes menstruelles, nous avons sélectionné un partenaire en Tunisie.


La lingerie est un petit milieu, comment vous positionnez-vous par rapport à la concurrence ?


Mina Storm a le paradoxe d'être une marque de lingerie qui prône le No Bra (le fait de ne rien porter). Selon nous, il n'y a rien de plus confortable que de ne rien porter : on est libre de ses mouvements, on n'a aucune contraintes de tissus, d'armatures, etc. Mais il existe des situations où l'on a envie de porter des sous-vêtements (chemise un peu transparente, top moulant...). Avec Mina Storm, on souhaite donc pouvoir proposer des alternatives au no bra dont le confort s'en approche ! En portant les sous-vêtements Mina Storm, on oublie que l'on porte un soutien-gorge !

Au départ, le fait de ne rien porter était surtout réservé aux petites poitrines, mais de plus en plus de femmes aux fortes poitrines souhaitent connaître ce confort. C'est pourquoi nous avons également développé des gammes de brassières spécifiquement pensées pour les grands bonnets pour leur apporter le confort et le maintien nécessaires.

Enfin, on a même développé une gamme de No Bra top !


Quels sont vos projets à moyen-long terme ?


Les produits Mina Storm sont vendus essentiellement en ligne sur minastorm.com, nous sommes présents dans les Galeries Lafayette de 13 villes de France, au Bon Marché et à Citadium à Paris. Nous arriverons dans les magasins Manor en Suisse à partir de juillet-août de cette année. Nous avons une volonté de nous développer à l'international dans les grands magasins. Nous réfléchissons à une boutique mais ce ne serait pas pour tout de suite car aujourd'hui on pense qu'on a encore beaucoup de potentiel pour se développer en ligne. Nous voulons aussi davantage développer nos gammes de produits, notamment sur le No-bra top, où on a envie d'être la référence sur ce produit parce que nous pensons que c'est vraiment une innovation de vision de la lingerie. Nous sommes un peu la sneakers de la lingerie : il y a encore des talons, on en met de temps en temps, mais on préfère quand même les baskets parce que c'est beaucoup plus confortable.



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Our entrepreneur of the day is Chloe Bernard. With Samantha Montalban, she created MINA STORM Girls in 2016, a committed, responsible, and body-positive lingerie brand that offers ultra-comfortable organic cotton underwear as well as menstrual sets. With a background in finance at the University of Paris-Dauphine, Chloé decided to jump into the entrepreneurial adventure with Samantha by helping her put together her business plan, while she was still studying at ESSEC.

We had the opportunity to speak with her.



Could you pitch Mina Storm in one minute?

With the desire to free women from constraints and social gaze, we created Mina Storm, a brand of comfortable and eco-responsible underwear, which helps them be authentic and love their natural bodies.


How did you come up with the idea of creating Mina Storm ? What was the need for your start-up?


There are two of us behind Mina Storm. Samantha, my business partner, came up with the idea when she was 18 years old: she couldn't wear a bra because they all hurt her back. She couldn't find a comfortable and pretty undergarment, so she didn't wear one. But there are situations in which you have/want to wear bras, so we wanted to offer alternatives to not wearing anything. For me, I was a D-cup, and it was impossible to find bras without underwire. That's what led us to develop organic cotton bras. Our start-up was born out of personal difficulty.


What message do you want to convey with your brand?


We often set a lot of barriers and constraints that prevent us from realizing our dreams and blossoming.

By creating Mina Storm, we wanted to deconstruct these barriers and show everyone that we already have a lot in us and that we have all the cards in our hands to realize ourselves. It is a message of freedom and confidence that we want to convey with Mina Storm.


Like us, you studied at ESSEC, what was the school's contribution to the success of your project?


I studied finance at Dauphine before joining ESSEC. I discovered the world of start-ups during my internships in finance, which made me want to join this field. I needed supply-chain courses, marketing, project management, and logistics to be able to evolve in the start-up field, which was possible thanks to the à la carte courses offered by ESSEC.

I started Mina Storm in parallel to my studies at ESSEC, I helped Samantha by bringing her financial skills, especially to calculate her costs and create her business plan. We decided to join forces because we were very complementary. I chose my courses at ESSEC according to the problems we encountered at Mina Storm: supply chain to optimize our restocking, cost management, capital investment for fundraising, law, ...

The ESSEC network has also been indispensable. There are a lot of people with very different backgrounds at ESSEC, each with their expertise in their field. For example, I had legal problems, and people who had a previous background in law helped me to reread the company's articles of association for example.

Finally, we were incubated at ESSEC Ventures, which provided Mina Storm with a lot of support, both material (office space, printing, etc.) and financial, since they financed us. ESSEC Ventures also put us in touch with experts and other entrepreneurs who helped us solve certain problems.


What difficulties did you encounter at the beginning of your entrepreneurial adventure? In particular, did you face any sexist comments?


Being an entrepreneur by definition means facing difficulties! Every day there are problems and difficulties to solve. The first one concerned the partners, it was very hard to find the right suppliers of raw materials.

And as far as sexist remarks are concerned, we never had any, fortunately, although we evolve in a purely female sector.


You mentioned the raw materials, was it obvious to choose organic raw materials?


Samantha knew from the beginning that she wanted organic cotton for Mina Storm's underwear. This was a big problem because the cotton we found initially came from an Italian supplier who imposed extremely high production minimums on us.

We could not offer small colorful collections of our famous Mina bra. However, in order not to overproduce, we wanted from the beginning of Mina Storm to be able to propose small collections in limited editions.

So we had to find another supplier of organic cotton that met all our very specific criteria: slightly thick, stretch in both directions, good elasticity... We ended up finding a supplier in Portugal whose minimums were much lower and allowed us to produce lots of small colorful collections without the risk of overproducing!


How do you deal with the fact that you don't have much stock?


This is a very good question and we are still working on it. The question of stocks is a key issue because it impacts the cash flow. We have two types of collections: timeless and limited editions. In the beginning, we were producing on the fly, without knowing exactly which models would work well and therefore in what quantity. That's why we developed the timeless range with timeless colors like black and nudes that we can restock. This allows us to have a linear stock and to restock according to sales. For the limited editions, we still work with a wet finger, relying on models that have done well in previous seasons, but we may make a mistake and overstock, either because the model is less popular, or because the activity is uneven over the year.


Your production workshops are located in Tunisia and Morocco, why this choice?


One thing was for sure, we did not want to produce in Asia. We had looked for workshops in France, unfortunately, there are very few with this know-how and they are extremely expensive. They would not have allowed us to propose our range of underwear at affordable prices.

We searched a lot before we could find our first production partner. It's a real problem when you want to start in lingerie because no website has fun listing all the workshops! And the brands do not disclose the name of their partner.

We faced a second problem: Samantha and I were extremely young when we started and suppliers didn't take us seriously at all! We were very lucky because a friend of ours from Essec put us in touch with the manager of one of the most renowned lingerie workshops. He produces for Princesse Tam Tam, Eres... That's how we started to produce our collections in Morocco and it is still our main workshop.

After spending some time in the lingerie business, you know the main workshops and Tunisia and Morocco are two countries with great know-how in lingerie. And when we developed our first menstrual ranges, we selected a partner in Tunisia.


Lingerie is a small business, how do you position yourself concerning the competition?


Mina Storm has the paradox of being a lingerie brand that advocates No Bra (wearing nothing). In our opinion, there is nothing more comfortable than wearing nothing: you are free to move, you have no constraints on fabrics, underwires, etc. But there are situations where you want to wear underwear (shirt, bra, etc.). But there are situations where we want to wear underwear (transparent shirt, tight top...). With Mina Storm, we want to offer alternatives to the no bra that are as comfortable as possible! When you wear Mina Storm underwear, you forget that you are wearing a bra!

At first, wearing nothing was mainly reserved for small breasts, but more and more women with large breasts want to experience this comfort. That's why we have also developed a range of bras specifically designed for large breasts to provide the necessary comfort and support.

Finally, we have even developed a range of No Bra tops!


What are your medium to long-term projects?


Mina Storm products are sold mainly online on minastorm.com, we are present in the Galeries Lafayette in 13 cities in France, in Le Bon Marché, and Citadium in Paris. We will arrive in Manor stores in Switzerland from July-August this year. We have a will to develop internationally in department stores. We are thinking about a store but it would not be for now because today we think that we still have a lot of potential to develop online. We also want to further develop our product lines, especially on the No-bra top, where we want to be the reference on this product because we think it is really an innovation of the vision of lingerie. We are a little bit like the sneakers of lingerie: there are still heels, we wear them from time to time, but we still prefer sneakers because it is much more comfortable.